Semi-marathon de Genève 2005
Préparation du grand jour
Par le site du Marathon de Genève, j’ai eu connaissance du site CLM et après quelques visites forts instructives je décide de participer. Je me sens bien humble face à ces coureurs expérimentés mais l’accueil chaleureux, direct et sincère m’encourage également et participent à ma métamorphose. A mon tour, je veux donner un peu de ce que j’y ai reçu et, régionale de l’étape, propose mon aide pour la venue de quelques uns de mes nouveaux amis. Les jours de préparation que cela représente permettent de maintenir le stress d’avant course au second plan. La perspective de connaître enfin des personnes avec qui les premiers contacts même rares sont extrêmement sympathiques. La réception du corsaire me labellise CLM, (même si ce n’est vraiment pas l’idéal avec ma coupe de cheveux, il remonte)
Samedi matin, réveil aux aurores (de toute façon ça fait plusieurs nuits que le sommeil est rare et agité) pour finir de tout préparer avant le premier RV à 10 h au Village Marathon et prise du dossard. Le temps est menaçant (jamais vu un ciel aussi noir) et plutôt frais (10° maximum) et venteux. Au moins, nous n’aurons pas la canicule du dimanche précédent et c’est tant mieux. Après une heure d’attente, flyers CLM en main, je renonce, j’ai trop froid. Je suis déçue de n’avoir vu aucun CLM mais un deuxième RV chez J2C, plus au chaud, est prévu. Je m’y précipite donc et fais enfin la connaissance de mon voisin savoyard, Jean-Claude, de son copain Gérard, et de sa gentille famille. Après avoir partagé des pâtes savoureuses et un dessert à faire pâlir n’importe quel grand chef (mais très diététique quand même) et papoté en mangeant, j’ai l’impression de faire partie de la famille depuis toujours. C’est fou comme une passion commune mets tout de suite sur la même longueur d’onde, même si je suis loin, très loin, d’être à leur niveau. Derniers détails réglés pour le lendemain, je retourne à la maison pour préparer la « pasta party » attendre les autres CLM. Finalement, seul Garig et sa famille pourront nous rejoindre et à défaut de quantité, là aussi, l’échange est rapidement convivial et entre pays, le courant passe. Dommage que Marmotte soit patraque, c’est vraiment une mauvaise série pour elle. Finissons la soirée tôt. Qu’est ce qu’on est sage quand on cours.
Dimanche matin, réveil facile pour les raisons déjà invoquées. Petit rappel aux membres de la famille sur ce que j’attends d’eux. Il faut dire que cela fait des années que j’assure l’assistance au cours de leurs courses VTT, Bicross, concours de Gym et j’en passe. Aujourd’hui c’est mon tour et je suis bien placée pour savoir que leur rôle n’est pas facile car ils doivent supporter mon stress, mes incertitudes liées à l’organisation des RV, et faire juste ce que je leur demande, sans commentaire ni question du style : tu es sûre que tu veux telle boisson ? Oui. Je me suis préparée seule et vais assumer seule mes choix.
Départ sur les chapeaux de roue pour ne pas arriver au RV en retard. Heureusement que la traversée de Genève le dimanche à 6h45 est plutôt déserte, à part quelques coureurs, car je grille involontairement un feu rouge à un carrefour. Petite décharge d’adrénaline qui finit de me réveiller. Arrivée au parking et guidage de l’arrivée de Gamajade, Garig et J2C, accompagnés de quelques amis. Déjà quelques rires, le moral est bon et la météo idéale. Rejoignons le point de rencontre près des dossards et espérons retrouver Kristof et Cécile. Difficile dans une foule pareille de trouver deux personnes inconnues. Nous rejoignons donc le départ, sans oublier le passage obligé par les cabines vertes mais nous dispersons dans les sas selon les objectifs de chacun pour attente courte du signal.
Ma course.
N’ayant fait pour échauffement que quelques mouvements d’assouplissement, je considère les 10 premières minutes comme une mise en jambe et en situation. Comme c’est étrange de passer au milieu de rues familières (je travaille dans ce quartier depuis plus de 20 ans) mais de découvrir les lieux sous un angle nouveau. Les spectateurs encouragent (à commencer par ma fille sur la ligne de départ) et je retrouve dans leur regard les sentiments qui étaient les miens quand j’étais spectatrice, étonnement, amusement mais aussi respect. Re-concentrée sur mes sensations, j’en oublie de repérer les panneaux de kilométrage. J’avais pourtant décidé d’enregistrer tous les km le temps de passage, mais bon. Je suis également étonnée de mes pulsations relativement régulières et basses quand je me souviens que ma montre est sur la position « moyenne » plutôt que sur fréquence réelle. Correction faite, je comprends mieux.
Après les deux premiers km effectués en 12’51 j’accélère légèrement et prends un rythme de croisière confortable jusqu’au premier ravitaillement de fiston et première photo par mon p’tit mari. Quelques mètres de marche et humectation de mon bandeau de poignet et on repart. Bon rythme réguliers le long de la Route des Jeunes. J’avais peur que cette route particulièrement laide au milieu de la zone industrielle ne me paraisse interminable, c’était sans compter sur le fait que j’allais y croiser les premiers du semi. Et oui, ils en étaient déjà là mais au lieu de me décourager, cela m’a donné une sensation de plus grande vitesse. Forcément leur vitesse additionnée à la mienne. Quel bon moment que de croiser tous ces visages, de taper quelques mains et de tenir toujours sans problème. Un joueur d’orgue de barbarie haut perché me fait un signe amical et mon mari me surprend du haut du pont au dessus du 1er tunnel (très calme).
Après une boucle un peu inattendue dans Carouge, à ce moment-là, j’étais un peu seule entre deux groupes, je remotive les spectateurs présents en sollicitant gentiment quelques encouragements. Au deuxième ravitaillement, arrêt pipi, banane et on repart pour le retour. Mon mari croit m’encourager en me disant que le plus dur est fait. En fait, la première moitié faite ne veut pas dire que le plus gros de l’effort est fait. A mon avis, le plus dur reste à faire. Au deuxième passage dans le tunnel, je croise cette fois les premiers du marathon. Je ris intérieurement de la situation car, comment reconnaître un coureur de couleur dans un tunnel ? Je ne sais pas qui est en tête. Je me dis que je le verrai bien quand ils me doubleront. J’ai l’impression d’être en queue de peloton mais la clameur perçue loin derrière moi lorsque la foule de mes poursuivants acclame la tête du marathon m’indique qu’en fait ils sont encore nombreux derrière.
Une légère douleur au genou droit et un début d’ampoule au pied gauche apparaissent vers le 13ème km. Je ralentis un peu le rythme jusqu’au prochain ravitaillement d’autant plus qu’un petite montée courte mais relativement pentue nous fait refranchir le Rhône pour la 4ème fois. La remontée le long du Seujet se passe bien car il y a plein de monde qui encourage les deux côtés à la fois, dommage que à cause de buissons on ne puisse pas bien voir deux qui viennent en sens inverse, j’aurai pu voir J2C. Au bout du pont de l’Ile Rousseau, alors que nous sommes bien éloignés les uns des autres, par un hasard malicieux, je rejoins un coureur. Coup d’œil sur la droite arrivant à sa hauteur, je constate qu’il s’agit d’un ex qui ne m’a pas laissé le meilleur souvenir, je le salue quand même, lui rappelle mon prénom et le plante là (chacun son tour), boostée par la revanche et avec la jubilation au cœur.
En remontant la rive, au moment du passage dans le l’étroit tunnel piéton sous le pont du Mont-Blanc, je me fais doubler par la tête de la course, la Smart, bien que petite me pousse à me plaquer contre le mur et lorsque les coureurs du marathon me doublent, je ne les vois pas mieux que lors du croisement. Nous sommes de nouveau dans un tunnel. Pont du Mont-Blanc refranchi, je retrouve mon chéri qui me montre le panneau des 17 km en me disant, Bravo, tu y es. Je ne perçois que l’augmentation de son émotion et de son admiration et ne réalise pas tout de suite ce qu’il voulait dire. Le cap des 17 franchis, ils ne peuvent plus m’arrêter. D’autant que je suis toujours au delà de mes espérances au niveau rythme.
Moment difficile que de croiser l’arche de l’arrivée quand on sait qu’il faut encore faire 4 bons km dont une partie en faux-plat montant. Surprise de retrouver ma fille qui court à côté de moi et me prends en photo de l’autre côté de la barrière. La remontée sur la rue de Lausanne est particulièrement éprouvante, je rejoins une dame qui peine et marche. Je marche également quelques mètres à côté d’elle, lui propose à boire et l’encourage à recommencer à courir. Après quelques foulées, je lui souhaite bonne chance et continue à mon rythme. Au dernier ravitaillement, je m’arrête 3 secondes pour saluer une amie bénévole et ai toutes les peines du monde à recourir, le genou est bloqué. Quelques foulées douloureuses plus tard, ça s’améliore. Les zig-zags dans le parc ombragé de l’OMC me font perdre une gourde. J’hésite à m’arrêter pour la ramasser de crainte de ne pouvoir me relever mais, avec moulte précautions, je le fais et repart mais je me dis qu’il ne faut plus que je marche car le redémarrage est vraiment trop difficile.
Parcours bien connu au bord du lac, je sais que l’écurie est proche aussi je me paie le luxe d’accélérer gentiment pour les deux derniers kilomètres. Je vais même sprinter durant le dernier et l’avaler en 6’11 après avoir remonté et doublé une bonne dizaine de personnes. Accueillie par ma fille, nous tombons dans les bras l’une de l’autre et j’explose de joie d’avoir fini, de me sentir bien et d’y être arrivée. Retrouver le mari est plus difficile car la foule est compacte.
Ensuite, la puce rendue en échange d’un magnifique sac à dos, je fais quelques pas et quelques étirements pour me décontracter, bois et profite du soleil. Quel sentiment de plénitude. Finalement (endorphines aidant) ça n’était pas si difficile que je l’avais imaginé. Un bon moment après, un massage prodigué par un physio expérimenté me permet de prendre soin de mon pauvre genou. Sur les tables d’à côté les premiers du marathon se font aussi papouiller. J’ai une vue imprenable sur l’impressionnante plante des pieds d’un coureur éthiopien. De la pointe de l’orteil au talon c’est une surface plate, uniforme et couleur cire. Du cale pur sans aucune aspérité. Un autre champion a une crampe du mollet droit qui, de mémoire de vieux physio, est à marquer dans les annales. On peut clairement voir le muscle contracté, les tendons et leurs tremblements. Le physio essaie de contenir la chose en manipulant le pied avec douceur. A sa place j’aurai hurlé de douleur, mais le coureur rit.
Nous allons accueillir et applaudir l’arrivée de J2C, de Garig et de Gérard et pendant qu’ils récupèrent un peu, ma fille m’offre en guise de repas de Fête des Mères, une crêpe jambon-fromage-œuf et un coca que nous savourons sur le quai tout près du point de rencontre de 13 h. Attendons au soleil et profitons de la vie un moment. Les CLM nous rejoignent et nous nous racontons nos courses respectives. Après la photo indispensable au pied du drapeau suisse nous décidons de rejoindre tranquillement les voitures. Cette petite marche fait beaucoup de bien et après des adieux déchirants nous reprenons le chemin de la maison pour (en ce qui me concerne) un bain au genièvre et une sieste méritée avec poche de glace sur le genou. Les autres ont plus de route à faire.
La soirée est un peu difficile, le genou se bloque sans arrêt aussi je prends un paracétamol avant d’aller dormir. Au réveil, le genou va bien, mais les courbatures sont apparues dans les deux cuisses. Quel bonheur d’avoir une maison sur 3 étages, aussi, j’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir tardé un peu pour le récit, le PC est au sous-sol. Voila.
Maintenant 2 semaines de repos et ensuite préparation du Tour du Canton de Genève en 4 étapes d’environ 10 km les mercredi soir. J’espère y faire enfin la connaissance de la Marmotte.
Autre projet, le 12 juin, la course des femmes à Berne. Ensuite, on verra, mais de toute façon le 30 avril 2006, c’est sûr je repars. J’ai encore quelques mois pour déterminer si ce sera sur le semi pour améliorer mon temps ou sur le marathon (le 1er ?)
Désolée pour la longueur du récit mais après 9 mois jours pour jour, une semi-marathonienne est née.