Voyage dans le Nord
Réveil à 5h30, douche à la bougie, j’enfile mes habits de baroudeuse hivernale et boucle la valise préparée la veille au soir. Départ 6h avec Shams, Javed et Rahmatullah que nous prenons en route. Il faut dire que Rahmat et moi accompagnons Shams dans une tournée d’audit surprise et que pour rentabiliser le déplacement Javed en profite pour emporter du matériel pour notre bureau du Badakhshan. Sa voiture viendra jusqu'à Kunduz et nous ferons le transbordement de cartons de toner, de dossiers, de couvertures et autre matériel qui remplissent la totalité de la Landcruiser et une partie du toit. Ma valise, en plastique, censée être à peu prés hermétique se retrouve sur le toit et le tout est enveloppe d’une bâche. A l’intérieur, nous casons nos sacs à dos entre nos jambes et à chaque décélération, nous recevons de petits paquets que nous replaçons en riant. C’est ce que l’on appelle vraiment voyager en Afghanistan.
Il fait encore nuit et le temps est très frais. Toutes les échoppes sont encore fermées, à part les boulangers dont la petite ampoule réchauffe un peu l’atmosphère glaciale. Quelques rares passants se rendant à leur travail. Quasiment pas de voitures donc la sortie de Kaboul se passe rapidement. Des le coin de notre rue, nous voyons sur les montagnes environnantes que la neige a fait son apparition. Le lever du jour n’en sera que plus magique. La route que nous empruntons en direction du nord m’est devenue familière et je peux déjà constater les changements intervenus avec le retour des pluies. Un fin duvet vert recouvre les collines et déjà dans les champs apparaissent les pousses de blé de la récolte de l’été prochain. Nous prenons notre petit déjeuner dans le même restaurant ou nous nous étions arrêtés au retour d’un précédant voyage. Bien que tout soit excellent, j’ai un peu de mal à finir mes 5 brochettes de viande grillée accompagnées de naan et de thé.
Le passage du col de Salang se passe sans encombre, la neige qui nous entoure étant tombée il y a déjà quelques jours elle a été dégagée. L’air est vif et la visibilité excellente.
Nous traversons Pul I Khumri sans nous y arrêter mais en étant bien ralentis. Peu après, à l’embranchement nous prenons cette fois a droite en direction de Kunduz et Takhar, but de notre voyage. Le temps se couvre, il fait presque nuit et un fin crachin envahit. Je ne pourrai pas trop vous décrire le paysage car, outre le réveil très tôt, la douce chaleur dans la voiture, j’ai un début de crève qui m’assomme et je somnole une bonne partie de ce tronçon du voyage. Nous arrivons a notre bureau de Kunduz ou nous sommes fort gentiment accueillis et nous y prenons un repas improvise. Nous reprenons ensuite la route pour arriver au terme de notre périple, Taloqan dans la région de Takhar. La aussi, bien que notre visite n’ai pas été annoncée, nous sommes accueillis avec chaleur (humaine s’entend). Un peu fatiguée par le voyage, je vais m’allonger un peu pour essayer de dormir. Malheureusement, les gardes, dans une gentille intention, viennent installer le chauffage dans ma chambre et comme cela ne se fait pas sans problème et qu’une fois en route, ils viennent contrôler toute les 5 minutes, j’ai un peu de mal à dormir. Apres un Pretuval et repas délicieux préparé en 1h30 a peine par le cuisinier logisticien local je vais me coucher dans une chambre plus chaude et dont la fumée de démarrage a été évacuée. Par précaution, je préfère arrêter cet ustensile ingénieux et rustique. 
Pour le réglage et l’arrêt, une seule façon, tourner le robinet qui alimente le foyer en pétrole. Plus les gouttes tombent rapidement dans le petit entonnoir, plus le feu est vif. Si l’on coupe l’arrivée, le feu s’éteint. Ce que je fais également assez rapidement.