Visite a Mazar
Obligés de rester jusque au lendemain, nous profitons de ce jour férié pour faire un peu de tourisme. La route de Pul-e-Khumri à Mazar est vraiment impressionnante (encore une fois, désolée de me répéter).
Poursuivons notre route après petite visite du centre ville et de son bazar. Nous retrouvons le désert avant que le paysage ne se creuse en arrivant dans une région montagneuse que nous traversons, en longeant une rivière. A un passage étroit et spectaculaire dont la légende raconte qu’il fut ouvert par le Prophète lui-même, nous achetons des grenades pour le repas du soir.


L’arrivée dans Mazar est précédée par une longue zone que nous qualifierions d’industrielle dans nos pays, que je qualifierai de prochainement industrialisée. En effet d’innombrables bâtiments sont en construction pour abriter dans un proche avenir, des usines, ateliers, centres commerciaux. Pour le moment, seules des stations essence flambant neuves (je ne sais pas si c’est vraiment le mot qui convient) rappelle que nous sommes sur l’axe d’un gazoduc, oléoduc. Prenons un rapide repas de survie dans la guesthouse du bureau dans la périphérie de Mazar avant d’entamer la visite du cœur de Mazar I Sharif, et de son fameux sanctuaire de Hazrat Ali. Construit une première fois au 12 eme siècle puis, après destruction par Gengis Khan reconstruit au 15eme siècle pour abriter la tombe d’Ali, gendre du Prophète. Apres avoir confié nos chaussures au gardien, nous pénétrons dans ce haut lieu religieux impressionnant par sa beauté et son bon état de conservation. 
Je fais profil bas pour ne pas me faire remarquer et respecte de mon mieux la sensibilité des personnes autour de moi. Seule l’entrée du tombeau me sera refusée car non musulmane. Abdulali se sent un peu vexé et me propose d’aller acheter une burka pour aller voir quand même car il pense qu’ainsi je passerai plus inaperçue.
Je le remercie mais lui explique que je comprends le caractère sacré de cet endroit et le respecte. Le voyage du retour va se faire pour une partie de nuit. Le désert, la nuit, s’anime de petits scintillements éparpillés. Ce sont les yeux de quelques petits animaux que je qualifierai de chiens de prairie et autres renards attires par les phares de la Landcruiser. Arrivons assez tard à la guesthouse pour attaquer directement le repas du soir, dans le jardin sous les étoiles.
Nous attendons donc dehors avant d’aller visiter le musée ou cette fois je vais me faire remarquer pour avoir ose prendre une photo (sans flash) d’un splendide rideau du 15eme siècle, entièrement brode d’or mais malheureusement dans un état de conservation déplorable, ainsi que la majorité des objets exposes. Cette photo, ce n’est pas par curiosité touristique que je l’ai prise, mais pour témoigner de l’urgence qu’il y aurait à faire un effort pour la conservation dans de meilleures conditions d’œuvres historiques inestimables.