Embouteillage
A la fin de la journée de travail, pour ne pas monopoliser le chauffeur et profiter de la tournée faite le soir pour ramener les staffs chez eux, je fais un petit saut à l’hôpital pour reprendre une provision de médicaments. Rahim Dad qui ne connait pas l’hôpital m’accompagne et me servira donc d'interprète volontaire (c'est fou comme ils sont tous prévenants avec moi).
L’aller était déjà bien embouteillé, comme toutes les capitales du monde aux heures de sortie de bureau. Mais le retour va se révéler ubuesque. En effet, les camions ont l’interdiction de circuler dans la journée et se rattrapent le soir, engorgeant littéralement les artères déjà bien en peine de faire circuler autant de voitures, motos, vélos. Je remarque par rapport à janvier dernier, beaucoup moins de charrettes à bras et beaucoup plus de voitures privées. La plupart sont des occasions importées du japon, de pays du golfe ou autres régions asiatiques. Toutes ont des pneus bien usés et sont utilisées au maximum de leur capacité intérieure. Il n’est pas rare que 4 personnes se partagent les 2 places avant, 6 ou 7 les 3 places arrières et que des enfants s’entassent pèle mêle dans le coffre et les espaces qui sont encore disponibles ici et la, comme aux pieds des passagers assis. Par pudeur, je n’oserai pas prendre de photo mais vous laisse imaginer.
Dans les rues, les gens commencent à se décider de rouler tous à droite (sauf quelques exceptions toujours possibles et tolérées). Par contre, le concept de file d’attente est totalement absent des mœurs afghanes. C’est donc la foire d’empoigne pour se faufiler dans le moindre espace disponible, au risque de bloquer tout le trafic autour. Les trottoirs, lorsqu’ils sont roulables, sont également utilisés et lorsque tout le monde est arrêté, les gaz d’échappements et la poussière finissent de combler l’espace déjà tenu entre les carrosseries. Donc hier soir, après de longues minutes d’attente trépignantes, notre chauffeur décide de couper par une petite rue en suivant le véhicule devant lui. Bien nous en pris car après un ou deux virages libérateurs, nous nous retrouvons scotchés à l’embouchure de la route car le virage à angle droit est étroit et encadré de fossés (ici les égouts sont en fait une tranchée entre le trottoir et la route.) Une voiture plusieurs véhicules devant nous à une roue dans la tranchée et ne peut plus manœuvrer. Tout le monde s’en mêle, les enfants jouent aux policiers de la circulation et vont informer les autres conducteurs. Jusqu'à ce que plusieurs hommes soulèvent la voiture pour la sortir de son embarras. La suivante connaitra le même sort, et après la même manœuvre, il faudra encore un bon petit moment pour que nous puissions passer à notre tour, en faisant un virage plus large pour éviter le trou.