Voyage à Baghlan
Cette fois, le départ est à 5 h 45 en ce premier jour officiel de Ramadan, et donc jour férié. Nous bénéficions d’une route dégagée et de fort peu de circulation sur le tronçon goudronné déjà emprunté pour aller à Bamyan.
Cette fois, nous continuons en direction du Col de Salang qui traverse le massif de l’Hindu Kuch à plus de 3363 m. La route s’enfonce dans des gorges majestueuses le long desquelles coule un torrent de montagne limpide.
Ces ouvrages datent des années 60 lorsque les Russes ont voulu créer un passage du Nord au Sud pour leurs chars. Le tunnel lui-même fait 6 km et a été inauguré en 64 après 12 ans de travaux. Aujourd’hui, même si la route du col est en très bon état, l’intérieur du tunnel est plus rustique.
Pas d’éclairage, des nids de poule assez marqués et une circulation abondante et pas toujours disciplinée font que l’on est très content d’en ressortir, en plus l’air y est assez rapidement irrespirable, même avec les vitres fermées. Mais à la sortie, la vue s’élargit et la redescente s’amorce tout de suite le long du même genre de torrent que de l’autre côté.
Arrivés dans la vallée, je suis surprise de trouver des rizières en terrasse dans ce pays qui souffre de sécheresse depuis des années.
J’apprends en outre que le climat étant assez doux, il y a une récolte de blé en avril et une de riz en septembre. Avec en plus du bétail (moutons, ânes, vaches, chèvres, dindons) qui baguenaude dans les champs moissonnés, des arbres fruitiers dans les haies, le ravitaillement est assuré.
Malheureusement le vivier à moustiques aussi. Cette région est réputée pour un taux de malaria élevé qui faisait dire il y a quelques années encore : si tu veux mourir va à Kunduz. Nous irons à Kunduz une autre fois et je n’oublierai pas tout mon attirail anti-moustique à cette occasion.
Nous arrivons à Pul-e Khumri, petite ville d’habitude fort animée et rejoignons les bureaux du programme puis la guesthouse de la Fondation pour une nuit assez chaude (je comprends pourquoi il n’y avait pas de couverture sur le lit de la chambre fort spacieuse).