Mariage afghan
Reprise du travail mais il faudra encore longtemps avant que la connection revienne car la majorité des employés de bureau ne travaille pas le samedi. Pour alléger la reprise, je revêts mon « pyjama » de travail qui est en fait une tenue de ville très agréable car en coton léger et de coupe très confortable.

Ce soir, nous sommes invites au mariage du frère d’un collègue. Le carnet d’invitation mentionne le début a 5 heures et c’est donc tout naturellement une demi heure avant cette heure la que nous partons a la recherche du cadeau que nous voulons faire aux maries. Je découvre à cette occasion le Kabul Center, un centre commercial luxueux hyper moderne qui compte 3 galeries de boutiques de parfums, bijoux, vêtements somptueux pour dames, boutiques de mode masculine italienne, équipements électroniques, agences de voyage et cadeaux.
Notre choix se porte finalement sur un service en porcelaine avec motif jeune et doré. L’emballage va être assez épique car il faut arriver à replacer les 81 pièces dans les espaces prévus à cet effet dans le sagex.
Il nous faudra ensuite faire plusieurs boutiques pour trouver du papier d’emballage et une carte de félicitations. Retour au bureau pour emballer le cadeau, se doucher et se changer. Nous partons donc naturellement vers 7 h 30 à destination d’un des immenses bâtiments appelés wedding-hall, le Shame Paris. A l’arrivée dans le jardin nous pensons être à Las Vegas.

Les gardes à l’entrée contrôlent notre carnet d’invitation et le nombre de personnes qui entrent. Nous entamons l’ascension d’escaliers en marbre recouverts de tapis rouge et au bout de quatre étages pénétrons dans une grande salle où des groupes de personnes âgées discutent autour de grandes tables rondes recouvertes de nappes blanches en tissu, elles même recouvertes de plastique transparent.

Comme dans tous les mariages, des groupes d’enfants jouent à se poursuivre, à se bousculer gentiment et nous interpellent au passage. Cette pièce n’est que l’antichambre de la salle dans laquelle nous continuons et ou se trouve dès l’entrée une estrade avec tapis rouge, décor de montagne à l’arrière et alignés comme pour une inspection, les 2 témoins du marié, le marié, la mariée, les 2 témoins de la mariée. Tout ce groupe est merveilleusement habillé et maquillé pour les dames.

Tous sont sérieux, immobiles, le regard dans le vide et ne semblent pas plus vivants que des statues. Quel contraste avec le reste de la salle. Essayez d’imaginer une bonne centaine de tables rondes avec autour de chacune une dizaine de personnes. Chaque chaise est recouverte de satin vert pâle et le tout crée une mosaïque changeante de couleurs, d’âges, d’origines. Nous remontons l’allée centrale, escortés par le frère du marié jusqu’à table libre. Nous avons au bas mot 2 heures de retard mais il semblerait que nous n’avons rien manqué puisque quelques minutes plus tard, le groupe des mariés vient en procession le long de l’allée et va encore dans une autre salle pour s’y voir servir leur repas. Dès leur départ, une nuée de serveurs en T-shirts rouge s’abat sur la salle en courant avec à bout de bras tendu au dessus de la tête un plateau sur lequel s’entassent de façon impressionnante tout les plats d’une table. Un de nos voisins de tables fait surgir de sous la table assiettes et couverts que nous installons juste avant le déferlement des plats. En une dizaine de minutes maximum, toutes les tables sont servies ce qui peut sans conteste être qualifié d’exploit à la fois sportif et de synchronisation d’équipe. Impressionnés, nous découvrons qu’en plus la nourriture est délicieuse et nous ruons dessus.

Ensuite, la suite des festivités ne reprendra que lorsque les mariés auront également fini leur repas et se seront changés. Nous en profitons pour aller prendre un peu le frais et redescendons dans le jardin. Dans le jardin, des enfants jouent à se cacher, des adultes en profitent pour se saluer et discuter un moment.
Remontons dans la salle alors que par groupes successifs les garçons et les filles dansent sur les airs indiens, afghans et tajiks que jouent avec entrain l’orchestre.

Estimant que nous avons rempli nos obligations mondaines, nous nous éclipsons entourés de kyrielles d’enfants.
