Début de semaine
Dimanche 10 septembre Reprise du travail. C’est assez étrange ce décalage non pas horaire mais de jours. Chez nous, le samedi est encore assez actif, préparant le dimanche plutôt calme. Ici, le vendredi est très calme, le samedi n’est pas congé pour tous donc l’activité reprend un peu avant le dimanche qui est lui le vrai premier jour de reprise hebdomadaire. L’installation continue, j’ai maintenant une adresse e-mail professionnelle afghane et le numéro de téléphone mobile d’un ancien employé. Je vais recevoir une bonne douzaine d’appels sans pouvoir expliquer aux interlocuteurs que le numéro a été réattribué.
On sent durant le repas de midi que tous sont contents de se retrouver après ces deux jours un peu particuliers. Notre administratrice, Hangama, nous déconseille d’aller faire un tour dans les magasins pour expatriés comme nous l’avions prévu. Aujourd’hui, veille d’anniversaire du 11 septembre, il vaut mieux éviter les endroits à étrangers. Dommage, j’avais une telle envie de sortir un peu. Heureusement Rahmatullah me propose d’aller visiter d’autres locaux. Cette fois, nous allons dans un quartier de l’autre côté de la ville, en direction de Babur Garden. Cette zone anciennement occupée par des politiques a été quasiment détruite pendant la guerre et il est surprenant de constater que parmi des centaines de ruines, de nouvelles constructions poussent comme des champignons. Quand je parle de champignons, cela n’illustre pas bien l’aspect de la plupart de ces nouveaux batiments. Nous en avons visité deux, le premier étant assez proche de ce que nous cherchons, mais un peu cher. Le deuxième quand à lui fait plutôt penser à un palais des mille et une nuits avec marqueterie de miroirs au plafond, stucs et marbres dans toutes les chambres pourvues de salles de bains privatives avec sanitaires en porcelaine de style baroque flamboyant et dont l’escalier central et monumental, en marbre comme il se doit, a cependant des marches de hauteurs aléatoires. Assez surprenant à la montée, carrément casse-figure à la descente. Nous retenons notre fou-rire en découvrant tout cela car nous imaginons la tête de nos collègues genevois s’ils venaient à découvrir les nouveaux locaux du programme dans un décor aussi lourd, bariolé, luxueux et kitsch. Le troisième aurait été parfait au niveau du style mais 2 fois trop grand. Sur le chemin du retour traversons le quartier de l’université et des écoles. C’est encourageant de voir par les fenêtres ouvertes les élèves appliqués participants activement. Une chose retient mon attention et je questionne Rahmatullah à ce propos. Sur un très grand nombre de maisons, boutiques, tentes, flotte un drapeau noir. Ce signe de deuil est habituellement utilisé pour montrer qu’un membre de la famille est décédé. Aujourd’hui, c’est en souvenir de Massoud. Hommage spontané impressionnant.